Mauges : le retour

J’ai décidé de retourner dans les Mauges une nouvelle fois. Je pars vendredi, pour une période indéterminée. Maintenant que nous connaissons les habitudes et l’habitat du lycanthrope, il est grand temps de ramener une preuve de son existence. Les preuves accumulées jusqu’ici n’ont pas toujours convaincu les sceptiques, ce que je comprends. torp beau Lire la suite

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Témoignage

Parmi les nombreuses personnes qui m’ont contacté par mail pour me dire qu’elles étaient des lycanthropes, beaucoup essayaient simplement de se payer ma tête, voire de me soutirer quelques euros. La plupart n’ont pas osé me rencontrer pour de bon, et se sont contentées de quelques mails plus ou moins documentés. Voici néanmoins un témoignage intéressant d’une jeune fille de Cholet.

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Poils d’origine inconnue

Avant de quitter les Mauges pour de bon, j’ai exploré la zone une dernière fois, et y ai ramassé deux touffes de poils de couleur différente dont je n’ai pas pu déterminer l’existence. Impossible de s’exprimer sur leur provenance pour le moment, mais à ma connaissance cela ne ressemble pas à des poils de chiens.

Je cherche une personne susceptible de me venir en aide. Je ne peux pas me permettre de les envoyer à un laboratoire d’analyses privé, cela serait bien trop cher, et je ne suis pas sûr que les bulbes pileux soient en assez bon état de toute façon. Je cherche donc un vétérinaire qui pourrait m’éclairer sur l’origine de ces poils.

Rencontre avec les locaux…

Même si les habitants ne sont pas très bavards, j’ai réussi à collecter des informations très intéressantes.

J’ai remarqué que tous les lycéens que  j’ai rencontrés avaient entendu parler de l’affaire. La bête des Mauges est dans tous les esprits ici. J’ai également rencontré un gendarme qui m’a assuré que du côté de Saint-Macaire-en-Mauges, une empreinte de près de 8 cm de long avait été trouvée. Une taille anormale pour un chien, mais comme l’a remarqué l’adjudant Roubaud, cela fait une trop longue distance depuis Saint-Quentin pour ce type d’animal. Une fois de plus, si on lie l’empreinte aux attaques de brebis, cela éloignera un peu plus la probabilité qu’un chien errant soit à l’origine des massacres. Cependant, pour un éleveur de La Pommeraye que j’ai rencontré hier soir mais qui a souhaité conserver l’anonymat, « on trouve des empreintes de partout, ça ne prouve absolument rien ». Cet éleveur, qui a subi plusieurs attaques de la bête m’a accordé quelques minutes de son temps pour répondre à mes questions, ce qui est exceptionnel alors que tous se sont mis d’accord pour faire le silence sur cette affaire tant que la bête ne serait pas démasquée. Il a noté deux faits extrêmement importants :

– Les attaques ont cessé entre le 13 juin et le 26 août. Pendant cette période, aucune brebis n’a subi d’attaques et personne n’a signalé avoir vu la bête. C’est donc quelques jours à peine avant la rentrée scolaire que les attaques ont repris. Notons que, pendant cette période, les attaques de troupeaux se sont intensifiées du côté de Canjuers où, comme je le faisais remarquer précédemment, un nombre de brebis trop important était tuées pour que les loups soient à l’origine des tueries.

– Depuis que la presse s’est emparée de l’affaire début septembre, les attaques ont cessé net. Pour l’éleveur, nous avons peut-être affaire à « un chien qui lit les journaux, et qui sait qu’il est risqué pour lui de s’aventurer par les temps qui courent ».

L’éleveur de La Pommeraye m’a également expliqué le modus operandi de la bête, toujours le même : elle attaque les brebis à la gorge, puis les mord sous le membre antérieur gauche, comme si elle voulait les toucher au cœur. Une technique élaborée, qui ne laisse aucune chance aux pauvres brebis.

À la lueur de ces faits, de nouvelles interrogations se font jour, qu’il sera difficile de dissiper.

Un enregistrement intrigant

Aujourd’hui mercredi 6 septembre, l’un de vous m’a envoyé cette vidéo que je vous laisse découvrir, m’expliquant, je cite « mon oncle m’a envoyé cette video par mail, ce n’est pas lui dessus mais des jeunes de son village, n’hésitez pas à le contacter ». Ce que j’ai fait immédiatement.

Richard G. habite un petit village à une quarantaine de kilomètres de Cholet. Je l’ai appelé en début d’après-midi pour avoir plus d’explications concernant la fameuse vidéo.

Alerté par sa nièce qui a rejoint la page dans l’après-midi, Richard G. a discuté de la présence de la bête, qui est maintenant avérée, avec deux jeunes du village : Sébastien et Boris. Ce sont eux qui sont sur la vidéo. Richard G n’a pas voulu se prononcer sur l’histoire, mais m’a simplement expliqué que dans les Mauges, « les gens sont de plus en plus inquiets. On a vu des lieutenants de louveterie, et des militaires armés s’installer ici depuis fin août, mais on ne nous dit rien de plus ». Je lui ai demandé pourquoi les médias ne parlaient pas de cette histoire, et sur ce sujet, son point de vue est clair : « L’AFP a fait une dépêche fin août. Depuis, plus rien. Un journaliste et un caméraman sont venus avant-hier mais ils sont repartis aussitôt », visiblement intimidés par les militaires.

J’essaie de contacter Sébastien et Boris, afin qu’ils nous expliquent où a été filmée la vidéo, et pourquoi elle s’arrête au moment où on entend la bête hurler.