Approche du chamanisme

L’ouverture de ce blog m’a fait découvrir de nouveaux auteurs et des univers que je ne connaissais pas avant : trois de mes auteurs préférés, même si tous ne parlent pas de lycanthropie sont Kenneth Meadows, Alfred Métraux et Thor Heyerdhal. Le premier a beaucoup écrit à propos du chamanisme, les deux autres sont des ethnologues célèbres qui ont en commun d’avoir exploré l’île de Pâques. Sur cette île, le mythe de l’homme-oiseau (une forme de thérianthropie, donc) était primordial. Vous pourrez en savoir plus dans ce documentaire :

Le Mystère de l’Île de Pâques

Comme je l’évoquais il y a quelques temps, le chamanisme est né en Russie, et plus exactement en Sibérie. Vous savez peut-être que la Laponie ne se limite pas à la Suède : elle s’étale sur le nord de la Norvège, la Finlande et la Russie. Les peuples nomades ancêtres de Joni parcouraient l’ensemble de ces régions avant que les frontières de ces États n’existent et qu’ils deviennent sédentaires, il est donc probable qu’il y ait eu des échanges entre les chamanes sibériens et les lapons. Voilà pourquoi je me suis intéressé au chamanisme et aux ouvrages de Kenneth Meadows.

Abreuvé de ces lectures mais toujours assoiffé de savoir, j’ai décidé de découvrir quel était mon animal totem. J’ai proposé à Joni d’en faire de même, et il m’a répondu dans une lettre que j’ai reçue la semaine dernière qu’il pensait avoir trouvé. Sans surprise, il s’agit du loup ! Pour moi, je ne suis pas encore sûr. Le loup apparait souvent dans mes pensées, et il joue un rôle de plus en plus important dans ma vie mais d’autres animaux se manifestent aussi.

Les exercices que j’effectue sont tirés du site Diablus.com et du livre L’Art de la Méditation de Matthieu Ricard.

Sur les traces du lycanthrope

Cela faisait quelques temps que je voulais aller à Briançon, dans les Hautes-Alpes. En effet, le poète Pétrus Borel (je ne me permettrai pas de juger s’il s’agit d’un bon ou d’un mauvais poète, ce sujet ayant été débattu par des personnes plus compétentes que moi) qui se faisait surnommer le lycanthrope aurait été originaire de cette ville. Pour certains, son surnom faisait référence à son tempérament, mais il n’est pas exclu de penser que Borel refusait simplement de vivre dans le secret. Voici un poème de Pétrus Borel ainsi que quelques photos de la vieille ville de Briançon construite par Vauban, et classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. J’ai choisi Hymne au soleil, qui fit écho pour moi à la fable de La Fontaine Le loup et le chien puisqu’il s’agit d’un home qui a choisi la liberté même si elle est gage de souffrance. On peut d’ailleurs noter que cela est souvent le cas des lycanthropes : risques de blesser ceux qu’on aime, douleurs lors de la transformation, mais un statut de liberté totale dont on n’accepterait pas nous non plus de nous passer si nous le pouvions.

Hymne au soleil
À André Borel.

Là dans ce sentier creux, promenoir solitaire
De mon clandestin mal,
Je viens tout souffreteux, et je me couche à terre
Comme un brute animal.
Je viens couver ma faim, la tête sur la pierre,
Appeler le sommeil.
Pour étancher un peu ma brûlante paupière ;
Je viens user mon écot de soleil !
Là-bas dans la cité, l’avarice sordide
Des chefs sur tout champart :
Au mouton-peuple on vend le soleil et le vide ;
J’ai payé, j’ai ma part !
Mais sur tous, tous égaux devant toi, soleil juste,
Tu verses tes rayons,
Qui ne sont pas plus doux au front d’un Sire auguste,
Qu’au sale front d’une gueuse en haillons.

Pétrus Borel est un poète du XIXe siècle dont le frère André, à qui ce poème est dédicacé, a prouvé qu’ils étaient originaires de la noblesse de Briançon. Je n’ai rien trouvé concernant le « lycanthrope » mais je vais retourner à Briançon cet été.