Entre Saint-Quentin et La Pommeraye, les rares personnes qui acceptent encore de parler le font sous couvert d’anonymat. C’est l’une des grandes constantes de cette enquête : difficulté pour récolter des informations, refus de révéler leur identité…la tension est palpable par ici. Les nuits s’enchainent et la fatigue accumulée se fait ressentir mais nous restons aux aguets car je sais que pour convaincre les sceptiques, il faut des preuves solides. En attendant de tomber nez-à-nez avec le lycanthrope, voilà le témoignage de M. J-M R., l’éleveur qui m’a envoyé la photo de l’empreinte.

Je l’ai rejoint à sa ferme, puis il m’a amené sur ce lieu (près du château d’eau de Saint-Quentin) où, dit-il : « la bête a traversé la route à toute allure ». Il a pilé mais, effrayé par la silhouette inconnue (« trapue, peu poilue, comme recouverte d’un duvet grisâtre, se déplaçant à 4 pattes ») n’est pas sorti de son véhicule. Un geste prudent de sa part. Il semble évident que, quelle que soit la bête en question, nous nous rapprochons peu à peu d’une confrontation.